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Colza

Un colza robuste s’anticipe bien avant le semis

Publié le 28/06/2022 - 09:13

l'interdiction du phosmet menace la culture. Photo : DR

À quelques semaines des premiers semis de colza, Terres Inovia organisait un webinaire présentant des leviers pour "assurer l'implantation et la nutrition afin d’obtenir un colza robuste". En lecteurs assidus de Cultivar, vous avez déjà lu la plupart des leviers présentés, mais il n’est pas inutile de se les remémorer alors que les commandes de semences sont sur le point d’être signées.

Le stade 4 feuilles avant le 20 septembre

Pour Matthieu Abella, ingénieur de développement au sein de Terres Inovia, "la précocification du semis commence à être bien intégrée dans les campagnes. Si l’objectif est de semer plus tôt, nous ne donnons pas de date précise. L’objectif est de mettre les graines de colza dans les meilleures conditions possible. Idéalement, donc, avant une pluie significative et le semer suffisamment tôt pour que la culture soit levée au 1er septembre".

C’est une condition presque indispensable pour que "la culture atteigne le stade 4 feuilles avant le 20 septembre, date à partir de laquelle le risque de vol de grosses altises est très probable, ajoute Stéphane Cadoux, responsable du département agronomie de Terres Inovia. Statistiquement, les principaux vols d’altises adultes interviennent à partir de la semaine 39. Le colza doit donc avoir dépassé les stades de sensibilité avant cette semaine".

50 grammes par pied en entrée d’hiver

Il rappelle également les principaux seuils à dépasser pour être certain que son colza soit robuste: "Le colza doit afficher une croissance dynamique durant tout l’automne sans marquer le moindre arrêt de croissance. Une croissance continue qui impose donc une bonne nutrition en azote et l’absence de tout rougissement de la culture. Aussi doit-il atteindre un poids frais de 1,5 kg/m2 en entrée d’hiver. En dessous de 1 kg/m2, le risque de dégâts sur la culture augmente fortement. Mais la biomasse n’est rien si elle n’est pas mise en relation avec le nombre de pieds par mètre carré. Ce qui compte, c’est la vigueur de chaque pied. Ainsi, chacun doit peser approximativement 50 grammes en entrée d’hiver. En dessous de 40 grammes, un pied risque d’être plus sensible aux attaques d’insectes." D’où l’importance de ne pas surdensifier au semis.

Aucun obstacle à l’enracinement sur les 20 premiers centimètres

Le responsable agronomique note aussi que le colza doit être correctement enraciné… avec un pivot atteignant au moins 15 cm en entrée d’hiver. De fait, le sol ne doit présenter aucun obstacle à l’enracinement du colza sur les 20 premiers centimètres. Si ce n’est pas le cas, Michaël Geloen incite au travail du sol. Pour lui, l’interculture entre le précédent et le colza doit avant tout viser à perdre le moins d’humidité dans le sol.

Si le sol a besoin d’être restructuré en profondeur, il incite les agriculteurs à effectuer ce travail un an plus tôt, avant le semis du précédent. Si le tassement intervient entre le semis du précédent et du colza, l’intervention mécanique juste avant le semis du colza est utile. Mais il faut éviter tout travail inutile. D’où la nécessité d’identifier en amont le besoin d’un travail du sol à l’aide d’un test bêche ou d’un miniprofil 3D dans le précédent en place. Aussi invite-t-il les colzaïculteurs à intervenir mécaniquement le plus tôt après la récolte du précédent et à effectuer systématiquement un roulage après chaque intervention mécanique. L’objectif étant de profiter de toute opportunité de réhumectation du sol avant le semis. Pour lui, la dernière intervention mécanique avant le semis doit intervenir au plus tard dix jours après la récolte du précédent.

30 kg/ha d’azote à l’automne

Enfin, Terres Inovia a pu mettre en évidence l’intérêt d’une fertilisation minérale au moment du semis du colza pour assurer la croissance continue du colza à l’automne. Il a été montré que l’apport de 30 kg/ha d’azote avant le 1er septembre permet à la fois d’augmenter la biomasse de la culture et d’éviter toute carence. De plus, il a été mis en évidence que cet azote apporté à l’automne est entièrement valorisé par la culture, permettant ainsi de déduire la quasi-totalité de la dose apportée à l’automne de la fertilisation de printemps, n’augmentant ainsi pas la dose d’azote apportée à la culture. Pour une dose d’apport de 30 kgN/ha à l’automne, l’économie d’azote au printemps est en moyenne de 28 kg/ha.

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