Imprimer
Commentaires
Colzas gelés en Bourgogne - Franche-Comté

Ne jamais sous-estimer la capacité de compensation d'un colza gelé

Publié le 03/04/2020 - 10:55

photo Terres Inovia, Laurent Jung, 2020 colza gelé

Une quarantaine de participants ont suivi en ligne ce jeudi 2 avril, de 13h à 14h, le premier Webinaire Terres Inovia, sur le sujet « Colza et gel », avec un focus sur la région Bourgogne – Franche-Comté. Un format innovant, lié à cette période de confinement, qui a permis d’apporter des réponses aux agriculteurs en demande de retours sur la situation, a expliqué Mickael Geloen, ingénieur développement Terres Innovia :

Entre le 23 et le 27 mars, les températures sont descendues de -1°C à -6°C selon les secteurs sur la région, avec un effet accentué par des rafales de vent à 40 km/h. Au stade montaison, la température minimale acceptable est méconnue… Dans le contexte 2020, les températures de -1°C à -3°C semblent avoir eu peu d’impact, contrairement aux parcelles ayant eu -5°C et au-delà, avec des nécroses foliaires et des déformations de la tige en U inversé.

Facteurs aggravants : la présence élevée de galeries dans les tiges (CBT et grosse altise), ainsi qu’une végétation turgescente en plein développement, très sensible aux températures négatives.

Faire un diagnostic des parcelles gelées

Pour Mickael Geloen, le premier objectif est de faire un diagnostic des situations :

  • vérifier si le peuplement est viable (15 à 20 pieds/m² en sol superficiel ; 10 à 15 pieds/m² en sol profond),
  • observer l’état des plantes (étendue des dégâts, et évolution des symptômes à J+10),
  • regarder la présence de maladies (cylindrosporiose, concernant beaucoup de parcelles, et accentuant le dessèchement après gel),
  • vérifier la qualité d’enracinement (meilleur est l’enracinement, plus grande sera la capacité de la plante à repartir, en alimentant ses bourgeons axillaires)
  • vérifier l’état sanitaire (larves de CBT et grosse altises, un critère défavorable à la bonne reprise)
  • et enfin le niveau de salissement.

Selon les cas, les parcelles les plus touchées pourront être retournées, sachant qu’à ce stade, 90% des frais ont déjà été engagés sur la culture, insiste l’ingénieur Terre Inovia, qui complète :

Il ne faut jamais sous-estimer la capacité de compensation du colza, notamment avec les ramifications, et les boutons de sa tige principale, à condition qu’ils n’aient pas été touchés par le froid.

Les biostimulants et oligoéléments déconseillés

Au-delà du calcul économique, le choix d’un retournement suppose d’avoir la semence pour une nouvelle culture, et de vérifier l’éventuelle rémanence d’un herbicide (avec Ielo, pas de problème pour ressemer maïs, tournesol, sorgho ; avec Mozzar à pleine dose, aucun problème avec maïs-sorgho, mais attendre 5 mois avant un tournesol et éviter de remplacer par une légumineuse). Sur des apports de fertilisant, Mickael Geloen souligne :

Après un coup de gel, la capacité des feuilles à intégrer différents éléments minéraux est très faible, donc il nous semble peu intéressant d’apporter des oligoéléments ou un biostimulant, d’autant plus que l’intérêt de ces produits n’a jamais été démontré dans ce contexte. Nous allons faire quelques essais complémentaires cette année. Et pour les agriculteurs qui veulent tester tout de même, vous pouvez laisser une bande témoin non traitée pour comparer. Enfin, une bonne gestion de la fertilisation en amont est la meilleure façon de permettre à la plante de lutter contre les stress biotiques et abiotiques.

L’apport d’un fongicide pour limiter le développement de maladies cryptogamiques après un coup de gel a une efficacité très limitée d’après Terres Inovia. Il faudra cependant bien réaliser son fongicide antisclérotinia et cylindrosporiose à G1, en veillant à adapter les charges au potentiel de la culture.

Enfin, les températures matinales de -2 à -6°C obtenues cette semaine ne semblent pas favorables à une bonne reprise, même si l’absence de vent limite les dégâts.

Il est trop tôt pour prendre des décisions sur beaucoup de parcelles touchées, il faut attendre 5-10 jours, et noter les évolutions des colzas.

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Produits à comparer

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Relations Culture
  • TCS
  • Viti Leaders