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Couverts végétaux

Les adventices ne doivent pas prendre le pas sur le couvert végétal

Publié le 12/09/2022 - 09:00

Contrôlées lors de l’interculture, les adventices sont moins préjudiciables à la culture suivante. Crédit: Serjik Ahkhundov/Adobe Stock

Avant l’implantation d’un couvert, il est essentiel de bien évaluer le niveau d’infestation en adventices de la parcelle pour anticiper les problématiques. Un travail du sol limité et un couvert développé suffisent à maintenir une situation saine. À l’inverse, dans des cas plus complexes, le recours à un travail du sol profond est indispensable.

En situation dégradée, c’est-à-dire avec une mauvaise gestion des pailles, une perte de grains importante à la récolte ou des adventices développées, l’installation d’un couvert est vouée à l’échec si ces problématiques ne sont pas gérées. "Dans ces contextes, le travail du sol ou la pratique de faux semis sont essentiels, indique Paul Robert, directeur de Novalis Terra. Un faux semis très superficiel, idéalement effectué avec une herse à paille ou des disques gaufrés, ou à défaut par le passage d’un déchaumeur à disque indépendant très léger, permet d’initier les levées sur 2 à 4 cm de profondeur. C’est le meilleur moyen pour épuiser un stock semencier en superficie et éviter qu’il ne germe dans la culture suivante."

Stéphane Cordeau de l’Inrae précise qu’enfouies avant une pluie, les graines sèches entrent en dormance secondaire, ce qui favorise leur persistance. C’est aussi pour ces raisons que Paul Robert ne préconise pas un travail du sol profond juste après la moisson. "La plupart des graines ont un taux de décroissance annuelle beaucoup plus élevé lorsqu’elles restent sur le sol", indique-t-il.

Choisir l’alternative adaptée au contexte de la parcelle

D’autres solutions alternatives sont envisageables pour gérer les adventices lors de l’interculture. Le désherbage mécanique à l’aveugle, tant que le couvert n’est pas levé, en est une. Toutefois, cette intervention s’intègre dans une période où d’autres travaux dans les champs sont prioritaires. Le broyage des adventices avant leur floraison représente une autre possibilité, bien que le débit de chantier reste relativement faible et que cette technique soit consommatrice de carburant. Pour détruire des adventices hautes et développées, comme les chénopodes, il est possible d’avoir recours à l’écimage, une technique efficace, mais coûteuse.

"Le pâturage du couvert est aussi une alternative possible pour gérer les adventices, indique Stéphane Cordeau. C’est une pratique efficace à condition que les espèces du couvert soient en capacité de repousser, sauf si la volonté de l’agriculteur est de le détruire en même temps que les adventices." Les graminées, les crucifères, mais aussi quelques légumineuses sont bien adaptées à cette pratique. Toutefois, pour envisager un pâturage d’ovins, certaines espèces sont à proscrire comme les moutardes, du fait de leur forte teneur en glucosinolates, et le sarrasin, à cause de sa fleur pouvant entraîner des problèmes de photosensibilisation.

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