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Irrigation du soja : les principaux points d’attention

Publié le 05/05/2021 - 11:12

L’arrêt de l’irrigation du soja doit se faire à l’apparition des premières gousses virant au brun (stade R7), au plus tard trois semaines avant la récolte. Photo : Aurore Baillet

L’alimentation hydrique de la culture de soja permet un gain de rendement moyen de 10q/ha, quelle que soit la zone de production. "Le stress hydrique à un impact fort sur le rendement. Il joue sur le fonctionnement de la culture – l’état hydrique de la plante induit moins de photosynthèse, une moindre surface foliaire – et va altérer la fixation symbiotique (nodulation et fonctionnement des nodosités). L’eau joue également sur la quantité d’azote absorbé, ce qui peut affecter le potentiel de rendement", explique Nicolas Latraye, ingénieur de développement chez Terres Inovia.

Le soja a besoin d’eau en période estivale. Sans irrigation, hormis le choix de la parcelle et du secteur, il n’existe pas de leviers mobilisables pour limiter le stress hydrique. "L’irrigation ouvre la possibilité de limiter l’impact du manque d’eau. Elle exige toutefois un savoir-faire en pilotage pour optimiser l’efficience, car les enjeux de satisfaction des besoins peuvent aller selon les régions de 10 % à plus de 50 %. Des insatisfactions sont observées même en conditions irriguées."

 

Des apports d’eau à l’arrivée des premières fleurs

Le soja ne s’irrigue pas comme le maïs, rappelle l’ingénieur. L’irrigation du soja s’étale sur une plus longue période et les besoins sont plus tardifs et plus limités (40 mm de moins qu’un maïs) sur la période.

L’irrigation a pour but de maintenir une bonne alimentation en eau jusqu’à l’apparition des premières gousses virant au brun (stade R7), début septembre. "Il convient de ne pas démarrer trop tôt : pas avant les premières fleurs en sols légers et dix jours après les premières fleurs en sols profonds. Cette précaution permet d’éviter un développement végétatif excessif qui favorise le sclérotinia et des avortements des étages les plus bas, et qui a également tendance à limiter l’exploration racinaire."

Un apport d’eau avant les premières fleurs doit rester exceptionnel, et se faire uniquement en cas de stress hydrique extrême. "Le soja supporte un assèchement du sol important, sans impact sur le rendement. Le seuil de déclenchement à 60 cm de profondeur pour les sols profonds et à 30 cm pour les sols superficiels est de 90 à 140 cbar." Les sondes tensiométriques sont le seul moyen de piloter ce premier apport.

 

Ne pas arrêter d’irriguer trop tôt

Des doses d’eau fortes et espacées sont préférables aux doses faibles et fréquentes afin d’éviter les maladies, et sont à adapter en fonction de la réserve utile des sols et du matériel à disposition. Surtout, il convient de ne pas arrêter l’irrigation trop tôt, afin de permettre le bon remplissage des graines les plus hautes et sécuriser la teneur en protéines. "Le soja effectue son remplissage presque jusqu’à la récolte et a une fin de cycle brutale. Il a encore besoin d’eau trois semaines avant la récolte", indique l’ingénieur.

Le dernier tour d’eau permet d’améliorer le poids des mille grains (PMG) et le taux de protéines. "Si l’irrigation est optimale, cela permet de maximiser le rendement et la qualité. Si l’irrigation est sous contrainte (restrictions…), le dernier tour d’eau va compenser partiellement via le PMG."

L’arrêt de l’irrigation doit se faire à l’apparition des premières gousses virant au brun (stade R7), au plus tard trois semaines avant la récolte.

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