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Antoine Henrion, Moselle

Il cultive le soja bio en Lorraine avec succès

Publié le 09/02/2022 - 16:59

Antoine Henrion cultive du soja en Lorraine. Crédit : A.Legendre/Terroir Est

La Lorraine n’est pas une terre de soja. Et pourtant, cela fait sept ans que les associés de la SCEA des Jardins, en Moselle, en cultivent en agriculture biologique. Bien qu’à réserver aux terres profondes, la culture présente des avantages.

Antoine Henrion, gérant de la SCEA des Jardins à Secourt en Moselle, cultive du soja en bio depuis sept ans. La culture représente aujourd’hui 7 à 8 % de la sole de l’exploitation. "Probiolor, notre coopérative, proposait des contrats à destination de l’alimentation animale, alors nous nous sommes lancés", explique celui qui est, par ailleurs, président de Terres Univia. "C’est une des graines les plus demandées aujourd’hui, car elle concentre le plus de protéines, près de 50% en matière brute dans les tourteaux. Les marchés sont porteurs, en bio comme en conventionnel", ajoute-t-il. Toutefois, si le soja est bien implanté en Alsace, il n’en est pas de même en Lorraine. "Il y a très peu de références dans le secteur sur la culture du soja : nous avons appris au fur et à mesure", indique Antoine Henrion. D’ailleurs, Terres Inovia, dans le cadre du projet Arpeege, estime la réussite de la culture du soja comme aléatoire pour une grande partie des territoires lorrains. "C’est vrai que les rendements peuvent être aléatoires. Nous visons 2 à 2,5 t/ha. Nous avons obtenu 2,5 t/ha en 2021 et 2,7 t/ha en 2018. En revanche, en 2019, nous avons récolté 1,5 t/ha, et en 2020, où l’été fut très sec, nous étions encore en deçà. Toutefois, en agriculture biologique en tout cas, à 2,5 t/ha, la marge brute de la culture est intéressante. Je considère qu’elle est viable économiquement à partir de 1,5 t/ha dans notre système", estime l’agriculteur.

Échelonner les semis et la récolte

La rentabilité du soja n’est pas son seul intérêt. "Il nous faut des cultures de printemps et des cultures d’été, pour échelonner les semis, que ce soit pour étaler la charge de travail ou encore prendre en compte la météo. Ainsi, nous pouvons mieux pallier des accidents climatiques, et remplacer des cultures. Nous étalons aussi la récolte. Dans notre système, avec une douzaine de cultures différentes, il ne faudrait pas trop charger le mois de juillet", explique Antoine Henrion. Autre avantage du soja: il constitue un bon précédent pour leurs cultures d’hiver, semées à partir du 5 ou 10 octobre, selon les années. En effet, "en plus du reliquat azoté qu’elle laisse, cette culture est récoltée rase: il n’y a donc pas d’obstacles pour l’implantation de la culture suivante, comme cela peut être le cas avec les tiges de tournesol. Nous pouvons donc semer directement un blé ou une avoine. C’est très pratique car, après la récolte du soja, nous sommes dans un créneau d’implantation idéal pour les céréales d’hiver", détaille-t-il.

Si le soja trouve sa place dans le système de la SCEA des Jardins, il est toutefois à réserver aux terres profondes, où la réserve utile est importante. En effet, le soja est gourmand en eau, notamment l’été, où les périodes de sécheresse sont fréquentes en Lorraine.

Lire la suite dans le numéro de Février 2022 de Cultivar 

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