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Analyse de terre

Bien distinguer l’argile minéralogique de l’argile granulométrique

Publié le 30/11/2021 - 18:03

Le terme argile minéralogique est la description la plus fine de l'argile. Crédit photo : Loan Wacker

Comprendre la composition, le fonctionnement et les interactions entre les différents constituants du sol est essentiel pour aller vers des pratiques plus vertueuses. L'argile est un des constituants solides du sol. Avec la matière organique, ils sont à la base de nombreux phénomènes dans l'acte de production agricole.

Deux définitions du terme "argile" coexistent 

La première définition est granulométrique: le terme argile correspond à l’ensemble des minéraux inférieurs à 2 µm dans une roche. Cette coupure granulométrique invisible à l'œil nu est héritée des limites d'études au microscope à la fin du XIXe siècle. Les cristaux d’une taille inférieure à 2 µm n'étaient pas reconnaissables et classés sous l’appellation "argile". Sous cette définition, se retrouvent donc les argiles minéralogiques, mais aussi des débris de quartz, de la silice, des oxydes de fer et d'aluminium, ainsi que des cristaux de calcaire.

La deuxième définition de l'argile est minéralogique: elle classe les particules selon leur nature. Les argiles sont ainsi définies par les minéralogistes comme des phyllosilicates constitués de feuillets de silicates d’alumine de l’ordre du nanomètre. On parle également de minéraux argileux. La composition de ces feuillets, leur épaisseur, leur structure définissent la famille argileuse et plus précisément le type d’argile. 

Les argiles minéralogiques confèrent au sol ses propriétés chimiques et mécaniques

Les argiles minéralogiques s'associent aux composants organiques du sol pour former le complexe argilo-humique. Elles sont généralement à l'état floculé par l'action des ions Ca2+, ce qui donne au sol ses qualités agronomiques recherchées: bonne aération entre les agrégats, retrait modéré à la dessiccation, bonne perméabilité à l'air et à l'eau. Deux sols ayant les mêmes proportions d’argile granulométrique et de matière organique peuvent ainsi présenter des propriétés très différentes selon la nature et la qualité de ces argiles minéralogiques, mais aussi selon les matières organiques qui le composent.

Selon les laboratoires, l’analyse de sol granulométrique peut être effectuée avec ou sans décarbonatation au préalable. Cette étape aboutit à l’élimination du calcaire et permet de se rapprocher de la proportion d’argiles minéralogiques dans la fraction inférieure à 2 µm, mais elle seule ne suffit pas à déterminer les argiles "vraies": le quartz, la silice, les oxydes restent comptabilisés comme les argiles. Puisque la quantité et la nature des argiles minéralogiques jouent un rôle important dans la capacité d’échange du sol, il est important d'accéder aux argiles "vraies", ou minéralogiques, dont le rôle est fondamental dans les propriétés du sol. 

Créer de l’argile, c’est améliorer son capital

Tous les sols créent de l’argile “vraie”. Un sol qui fonctionne bien est un sol qui, par sa richesse biologique, crée en permanence de l’humus. Il y a alors formation d’acide humique, d’acide fulvique et d’humine. Ces acides, en descendant en profondeur, renforcent l’action des exsudats racinaires (acides organiques plus puissants) pour altérer la roche et créer jusqu’à 3 à 5 t/ha/an d’argiles sur deux mètres de profondeur. Ces argiles néoformées sont de qualité.

Optimiser le système racinaire des cultures, par la mise en place d’une couverture vivante et par l’optimisation de la nutrition végétale, c’est donc améliorer la fertilité biologique des sols dans le temps.

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