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Ascochytose du pois chiche : des leviers pour limiter ses dégâts

Publié le 15/04/2020 - 15:22

Dans le cadre d’un webinaire, « Les TI du jeudi », Terres Inovia a mis l’accent sur l’ascochytose du pois chiche. Cette culture, récente en France, peut subir de forts dégâts suite à cette maladie.

L’ascochytose apparaît depuis le stade deux feuilles du pois chiche jusqu’à la maturation des grains. © Terre Inovia 

Le pois chiche a ses bioagresseurs spécifiques tout comme le pois fourrager a les siens. L’ascochytose (Ascochyta rabiei) est ainsi la maladie la plus impactante chez le pois chiche mais aussi la plus fréquente en France. Terres Inovia, qui s’implique dans cette culture récente depuis quelques années, a recensé les leviers pour lutter contre cette maladie. Présente dès le stade deux feuilles jusqu’à la maturité des grains, l’ascochytose s’attaque aux feuilles, aux tiges, aux gousses et aux graines. Elle peut pénaliser jusqu’à 100% du rendement en raison d’une contamination primaire issue de la semence puis de contaminations secondaires sur tous les organes de la plante et celles des plantes voisines. L’ascochytose se propage d’autant plus qu’elle se développe dans une plage de températures très large, de 5°C à 30°C, l’optimum étant à 20°C. Mais le champignon doit bénéficier d’une humidité relative de plus de 98% durant 7 heures à 20°C pour infecter le pois et durant 17 heures pour une infection sévère.

Jusqu’à présent, le traitement de semence à base de thirame (interdit depuis le 20 janvier 2020) permettait de limiter le développement de l’ascochytose présente dans la semence sous forme de mycélium, de spores à l’extérieur de la semence et de pycnides dans les téguments. Pour combler ce manque d’usage, Terre Inovia a évalué en partenariat avec la Fnams deux antifongiques dont l’un obtient des résultats plus favorables (Topsin 70 WG).

Mais pour l’instant, il n’existe plus de traitement de semences sur le marché, spécifie Quentin Lambert, référent pois chiche à Terre Inovia pour la France.

 

La prophylaxie d’abord

En végétation, la lutte consiste à traiter en deux passages à partir de la préfloraison avec de l’azosystrobine ou des associations de triazoles. Des gains de 1 q/ha (Amistar à 0,8 l/ha) à 2,5 q/ha (Prosaro à 0,8 l/ha) en moyenne ont été obtenus en 2018 (pression moyenne) et en 2019 (pression faible).

Les agriculteurs devraient avoir un plus large panel de produits dans les années à venir. Des dossiers ont été déposés à l’homologation, précise Quentin Lambert.

Sur le plan génétique, aucune variété actuelle ne présente de tolérance ou de résistance à ce parasite. Terre Inovia annonce qu’elle met en place un réseau d’observation des variétés qui, à moyen terme devrait déboucher sur un choix variétal adéquat en lien avec le travail des sélectionneurs. Par ailleurs, le Geves travaille actuellement sur une méthode moléculaire pour améliorer la détection du pathogène au niveau de la semence.

Acheter de la semence certifiée est un moyen de limiter le développement de l’ascochytose, insiste Quentin Lambert. Les semences sont produites dans le sud de la France où les risques de développement sont moindres. Les parcelles de multiplications sont très suivies au niveau des traitements fongicides et le triage permet d’éliminer les graines infectées. 

Les autres leviers, prophylactiques et agronomiques, pour lutter contre le champignon paraissent indispensables. Le pois chiche ne peut revenir dans une rotation que tous les six ans en raison des fusarioses (trois ans pour l’ascochytose). L’enfouissement des résidus freine la maladie, le mycélium du champignon s’y conservant entre 8 à 20 mois. Jouer sur la profondeur de semis aurait un intérêt puisque les graines infectées présentent moins de vigueur.

L’idéal serait de semer à plus de 5 cm au lieu de 3 cm, note Quentin Lambert. Mais cela semble difficile à réaliser avec le matériel d’aujourd’hui. 

 

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