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Gestion des adventices

Agir sur le stock semencier superficiel

La gestion du stock semencier des adventices se joue surtout dans les premiers horizons du sol. Crédit photo : Pixel image

Les herbicides représentent aujourd’hui 70 % des produits phytosanitaires commercialisés en France (Source : BNVD, MAAF). Des alternatives agronomiques existent afin de limiter leur utilisation. La gestion du stock semencier dans l’horizon superficiel, qui peut aller de 1 000 à 10 000 graines par mètre carré, est un levier essentiel pour limiter une forte germination d’adventices nuisibles aux cultures.

Pour limiter la pression des adventices dans les parcelles cultivées, les instituts techniques insistent sur l’importance d’avoir une rotation qui soit la plus diversifiée. Sur le terrain, les pratiques évoluent en ce sens . Alterner les familles culturales, allonger et diversifier sa rotation en alternant les cultures d’hiver et de printemps, par exemple, rompt les cycles de levées des adventices.

Bien connaître sa flore adventice est aussi un levier important. En connaissant les périodes de levées, mais aussi la persistance (durée de vie) de leurs graines dans le sol, on peut éviter leur germination . En effet, Arvalis-Institut du végétal rappelle que "la moitié du stock semencier des ray-grass et vulpins n’est plus viable au bout de deux ans". Cela signifie que labourer chaque année une parcelle envahie par ces adventices, risque de faire remonter à la surface les semences encore viables de l’année précédente. L’institut préconise donc d’attendre au minimum deux ans entre chaque labour.

Épuiser son stock semencier de surface

Un déchaumage après la récolte est efficace pour faire germer les graines de la culture précédente et les adventices. S’il a pu être réalisé précocement, un second déchaumage peut provoquer une seconde germination. Cette pratique permet d'offrir aux adventices un lit de semence favorable à leur germination, et elles seront finalement détruites lors de l’implantation de la culture. Toutes ces interventions successives ont pour but d’épuiser le stock semencier superficiel. Comme l’ont démontré les essais menés par Arvalis en 2013, "le déchaumage superficiel multiplierait par deux les levées de ray-grass/m², comparé au déchaumage profond". Le travail superficiel se révélerait donc plus efficace pour les faux-semis.

Dans une étude publiée en 2016 par Christoph. Kunz, "Effets allélopathiques et capacité de suppression des adventices par les couverts végétaux", l’agronome allemand a montré que la densité de semis des grandes cultures était le plus souvent insuffisante pour assurer une compétition suffisamment importante sur la flore adventice. En revanche, l’implantation d’un couvert végétal en interculture est un bon moyen d’étouffer les mauvaises herbes, notamment dans les systèmes en semis direct. Le couvert, par la compétition qu’il exerce sur les plantes adventices, est un moyen biologique de régulation des infestations adventices. Ce couvert sera d’autant plus efficace s’il est diversifié (multi-espèces) et semé dru. Le couvert limitera ainsi la croissance des adventices et empêchera leur grenaison avant sa destruction mécanique ou chimique.

Éviter les contaminations extérieures

En cas de parcelles enherbées, un ordre de battage des cultures devra être mis en place par degré de salissement afin d’éviter de contaminer les parcelles propres. La récolte des menues pailles derrière la moissonneuse s'est aussi révélée concluante pour diminuer l’alimentation du stock semencier sur l’horizon superficiel par les ray-grass et les vulpins. Une étude menée par Arvalis parue en juin 2020, a démontré que la récolte des menues pailles divisait par 4 la quantité de graines d’adventices laissées au champ.

Une autre pratique se développe aussi sur le terrain, celle de l’écimage. Elle consiste à faucher la végétation au-dessus de la culture. Cette fauche élimine alors les adventices souvent plus hautes que la culture telles que les graminées, avant qu'elles ne s'égrènent et contaminent le sol. Cette pratique peut être particulièrement intéressante en cas de forte infestation .

L'apport de fumier composté plutôt que de fumier frais est à privilégier. En effet, comme le souligne un rapport de la chambre d’Agriculture du Gers, le compostage a pour effet direct la destruction thermique rendant 95 % des graines d'adventices inactives lorsque la température dépasse les 60 °C.

La présence de résidus végétaux abondants à la surface du sol comme les résidus de cultures, du compost ou des effluents d’élevage perturbent la germination des adventices. Ces apports peuvent limiter le réchauffement de l’horizon superficiel du sol et l’accès des plantules aux rayonnements solaires. En effet, certaines graines comme le ray-grass, le vulpin, le brome, sont photosensibles et ne peuvent germer qu’en présence de lumière. Cela peut générer un retard de levée de ces adventices par rapport à la culture.

La pratique d’un levier spécifique ne permet pas à lui seul de diminuer l'enherbement en dessous du seuil d’acceptabilité pour les productions et il faudra inévitablement agir avec un désherbage mécanique ou chimique. En additionnant chacun des leviers vus précédemment, l’explosion démographique des communautés d’adventices se trouvera limitée. Il deviendra alors envisageable de réduire l’IFT herbicide.

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