Imprimer
Commentaires
Technique

Du soja bio au nord-ouest c'est possible grâce à des variétés adaptées

Publié le 12/05/2021 - 11:32

Pour juger de la faisabilité d’une culture, les facteurs liés à la météo, au type de sol, au système de culture et aux risques vis-à-vis des biogresseurs ont toute leur importance

Dans le cadre d’une réunion d’échanges sur le secteur ouest, Terres Inovia et l’Itab, en partenariat avec les chambres d’agriculture des Pays de la Loire se sont penchés sur la faisabilité du soja en agriculture biologique.

Connu pour ses exigences en températures, le soja est aussi sensible au stress hydrique. Les évolutions climatiques depuis 2015 et les variétés proposées sur le marché augurent de nouvelles possibilités de production de cette culture, y compris dans les régions du grand quart Nord-Ouest. Les perspectives de développement du soja sont encourageantes avec l’introduction d’une légumineuse supplémentaire dans les assolements et la production de variétés mieux adaptées à un contexte climatique en pleine évolution.

Maîtriser le semis et la levée

La condition sine qua non pour que le soja démarre son cycle dans de bonnes dispositions c’est de réaliser le semis dès lors que la température du sol atteint 10 °C à 5 cm de profondeur, soit vers le 10 mai. Elle est primordiale pour assurer la mise en place des nodosités. Selon les précocités variétales, les besoins en degrés jours du soja sont variables, le zéro de végétation étant de 6 °C.

La chambre d’agriculture des Pays de la Loire préconise une densité de semis de 60 grains/m² pour pallier les pertes à la levée, qui atteignent souvent les 40 %. Dans les essais menés chez des agriculteurs, la qualité de levée s’avère plus hétérogène lorsque le semis a été réalisé avec un semoir à céréales (50 % de pertes) qu’avec un semoir monograine (30 % de pertes). L’avantage de ce dernier, c’est la gestion du désherbage mécanique, plus facile par la suite. Les pertes à la levée sont aussi corrélées aux dégâts d’oiseaux. Les effaroucheurs visuels ou sonores montrent peu d’efficacité, les volatiles s’y habituant facilement. De plus, pour que la technique soit performante, elle doit être gérée à l’échelle d’un territoire.

Le soja, sensible au stress hydrique

Avant de songer à cultiver du soja, il faut vérifier que la réserve en eau du sol est suffisante entre les stades R1-R6, entre les 100e et 160e jours. Pendant cette phase, qui s’étend de la floraison jusqu’à la fructification, le soja est sensible au stress hydrique, très préjudiciable à la culture avec des pertes de rendement s’élevant jusqu’à 75 %. Excepté sur le pourtour maritime, le risque de stress hydrique du secteur nord-ouest est considéré comme modéré à important. Si le réchauffement climatique permet d’atteindre plus rapidement la somme de températures, il augmente aussi le risque stress hydrique sur des sols peu profonds, non irrigués et impacte le rendement. C’est tout le paradoxe !

Des perspectives de désherbage efficaces en cours de recherche

Différents essais de désherbage mécanique montrent que du hersage en pré-levée est envisageable. Le soja doit être suffisamment implanté en profondeur pour ne pas être abîmé. Cette intervention précoce retarde la levée des adventices. Par la suite, un hersage de post-levée puis deux à trois binages sont nécessaires. Pour limiter le salissement des parcelles, la chambre d’agriculture de Bretagne a testé des associations de cultures avec le soja. Grâce à sa biomasse, il s’avérerait que le sarrasin soit une culture qui limite l’enherbement sur le rang. Mais par conséquent, il concurrence le développement du soja. Reste à évaluer le bon compromis de densité du sarrasin pour ne pas être concurrentiel du soja.

 

Ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, identifiez-vous ou créez un compte.

Produits à comparer

Nos publications

  • Circuits Culture
  • Cultivar Élevage
  • Relations Culture
  • TCS
  • Viti Leaders