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Orge de brasserie

Malgré la crise, la filière orge brassicole reste combative

Publié le 10/03/2021 - 10:50

Malgré la crise, la filière orge brassicole reste combative. © HappyAlex/Adobe Stock

Fini les bières en terrasse de café ou lors d’événements festifs depuis un an, la filière orge brassicole estime que 35% des débouchés du secteur sont fermés depuis le début de la crise. Malgré tout, la filière reste combative, le marché à l’export de l’orge reste très dynamique grâce à la Chine.

Le 5 mars 2021, Arvalis organisait son colloque annuel sur la filière brassicole. L’occasion pour tous les acteurs de faire un point à date sur la filière. Pour cette campagne 2020/2021, la France devrait exporter environ 3 millions de tonnes d’orge vers les pays-tiers, indique François Gatel, directeur de France Export Céréales, environ 2 millions de tonnes d’orge fourragère et 1 million de tonnes d’orge de brasserie. Les exportations vers l’Union européenne devraient s’établir à 2,5 millions de tonnes (contre 4 millions de tonnes pour la campagne précédente).

« Les points marquants de cette campagne sont les suivants. Que ce soit sur le débouché brassicole ou fourrager, la Chine est extrêmement dynamique à l’achat pour des raisons structurelles et conjoncturelles. Elle représente, à elle seule, plus de 30% des échanges mondiaux d’orge. Elle a besoin de céréales fourragères pour compenser la baisse de production et de stocks de maïs, et l’orge fourragère est beaucoup plus accessible d’un point de vue prix, alors que les prix du maïs domestique sont montés en flèche. Par ailleurs, les tensions diplomatiques entre la Chine et l’Australie obligent la Chine à s’approvisionner ailleurs. Pour la France, cette demande chinoise se fait au détriment d’autres destinations comme le Maghreb ou l’Arabie Saoudite. Et aussi au détriment de l’Union européenne, car il faut rappeler que le disponible exportable est bien moindre par rapport à la campagne précédente », précise François Gatel.

La France est le premier exportateur de malt au monde

Autre acteur sur le marché de l’orge, la malterie qui prend de plein fouet la crise. « En 2020, le ralentissement de la demande a entraîné une baisse des mises en œuvre de volumes d’orge pour le malt estimée entre 8 et 15% », indique Jean-Philippe Jélu, président des Malteurs de France. Toutefois, il faut rappeler que, depuis 50 ans, la France est le premier exportateur mondial de malt. Un leadership qu’elle doit évidemment à la qualité de sa production et à sa structuration industrielle. « Parmi les 4 premiers malteurs mondiaux figurent 3 acteurs français, Boortmalt, Malteurop et les Malteries Soufflet. Leur capacité de production est estimée à 7,5 millions de tonnes sur les 5 continents. À l’échelle de la France, on transforme chaque année 1,5 million de tonnes de malt (pour 1,7 million de tonnes d’orge mise en œuvre), 80% du volume est exporté, principalement vers l’UE et l’Afrique », détaille le responsable. Pour les acteurs de la filière, il faut poursuivre les investissements en matière de logistique, pour garder ce leadership « Il faut maintenir cette activité à l’export en optimisant la logistique intérieure afin d’alimenter ce débouché indispensable », a indiqué Jean-Philippe Jélu.

La France, premier pays de l’UE en nombre de brasseries

La pandémie a mis un coup d’arrêt à la consommation de bière, mais n’oublions pas que les Français en raffolent, si l’on en croit le boom du développement des microbrasseries en France. L’Angleterre n’a qu’a bien se tenir, « la France est le premier pays de l’UE en nombre de brasseries », explique Maxime Costilhes, délégué général de Brasseurs de France « Au 1er janvier 2020, on ne comptait pas moins de 2000 brasseries sur le territoire, au 1er janvier 2021, 2300, la dynamique reste forte. Avant la crise sanitaire, le secteur de la brasserie était le 1er secteur d’investissements et de création d’emplois net dans le secteur de l’agroalimentaire. Les brasseurs sont combatifs et innovent en développant de nouveaux modes de distribution, il faut que les producteurs sèment de l’orge pour préparer la reprise d’activité », conclut le responsable.

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