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FranceAgriMer

Des exportations records de blé tendre, mais le stock final s’alourdit

Publié le 19/05/2020 - 10:46

 

Comme chaque mois, les experts de la filière se réunissent pour ajuster les bilans de la campagne pour les céréales. À l’issue de cette réunion, le conseil spécialisé de la filière céréalière tient son point presse. Que faut-il retenir à la mi-mai 2020, alors que le monde est encore paralysé par l’épidémie sanitaire?

 

Des exportations records de blé tendre, mais le stock final s’alourdit. © Andrey Volokhatiuk/Adobe Stock

 

En blé tendre, les utilisations domestiques, notamment l’incorporation par les fabricants d’aliments du bétail, sont revues à la baisse de 100000 tonnes par rapport au mois dernier pour s’établir à 5 millions de tonnes. Cette baisse est liée au fait que le maïs est plus compétitif. Même tendance pour les exportations vers l’UE, les prévisions s’établissent à 7,6 Mt contre 7,7 Mt le mois dernier. Pour rappel, le chiffre export vers UE de la campagne 2018/2019 était de 7,3 Mt et de 9,2 Mt pour la campagne 2017/2018.

En revanche, les exportations vers les pays tiers sont une nouvelle fois revues à la hausse. Les prévisions sont désormais de 13,3 Mt (+100000 t par rapport au mois dernier). En comparaison, les exportations pays tiers pour la campagne 2017/2018 s’établissaient à 8,1 Mt et à 9,6 Mt pour la campagne 2018/2019. Cette révision à la hausse est soutenue par la prolongation de la suspension des droits de douane jusqu’à la fin de l’année 2020, sur l’importation de blé tendre par le Maroc. Le Royaume doit faire face à une mauvaise récolte. Autre élément de soutien, l’augmentation des stocks stratégiques de l’Égypte.

Si on s’intéresse au bilan final, les stocks de blé français s’alourdissent de plus de 250000 tonnes par rapport au mois précédent, pour un total de 2,8 Mt (contre 2,4 Mt pour la campagne précédente). Selon FranceAgriMer ce stock représente environ un mois d’utilisation.

En blé dur, il n’y a pas de changement majeur, si ce n’est que les experts soulignent un flux d’export vers l’Italie. Pour rappel, la consommation domestique de blé dur est d’environ 500000 t pour la semoulerie, et les exportations (notamment vers UE) d’environ 1,5 Mt. Le volume de production hexagonale est de l’ordre de 1,5 Mt.

Le bilan concernant l’orge est toujours plus compliqué, dans la mesure où les chiffres ne distinguent pas le débouché brassicole du débouché fourrager. Quoi qu’il en soit, la baisse du débouché brassicole est actée compte tenu de la fermeture des bars, restaurants et de l’annulation de tous les événements sportifs et culturels. Le débouché fourrager est quant à lui prévu à la hausse, du fait de sa bonne compétitivité par rapport au blé tendre. La dynamique des exportations vers les pays tiers est toujours d’actualité notamment vers la Chine, l’Arabie Saoudite et le Maroc. Au 15 mai 2020, le chiffre à l’export pays tiers est revu à la hausse de +50000 t pour s’établir à 3,65 Mt. Les stocks fin de campagne restent stables à environ 1,9 Mt.

Des conditions de culture moins réjouissantes

Petit focus sur la campagne à venir. La météorologie de la campagne en cours a été pour le moins atypique. Excédent de pluviométrie à l'automne et une météo sèche et chaude au printemps. Au niveau des stades de culture, les semis d'automne et de printemps ont environ une semaine d'avance par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Pour Benoit Pietrement, président du conseil spécialisé «c'est une année compliquée sur le plan cultural. Les conditions font qu'on aura fatalement une moindre récolte par rapport à la campagne précédente. Autrement dit, on s'avance vers une année moyenne, exception faite de 2019 (exceptionnelle ) et 2016 (catastrophique)».

 

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